Mercredi 20 février 2008
Compte rendu de Jean Pierre Baldit  (SYAC-CGT) sur la réunion du groupe de travail du CNEA sur le BAC PRO , le 19 février 2008 
 
L'ensemble des personnes qui avaient participé à la réunion précédente ont noté, pour la critiquer vigoureusement, une évolution très problématique de la position de la DGER .
En effet, cette dernière, a réaffirmé que
 - les classes de  BEPA  avec le schéma actuel de certification, ne seraient maintenues que pour quelques BEPA "orphelins" ( sans poursuite d'études en bac pro ou BTA ) , au nombre de 5 actuellement .
-  le maintien (éventuel) de classes de BEPA (sur une année faisant suite à la Seconde professionnelle de secteur et selon des modalités de  certification auxquelles visiblement la DGER n'a absolument pas réfléchi !) ne saurait être que "provisoire" et en nombre restreint sur le territoire 
-   la priorité de la DGER est d'INTEGRER une certification de niveau V ( BEPA "rénové" ou autre dénomination à envisager ! ) dans le cycle du bac pro 3 ans . On verra ci dessous que cette intégration pose d'énormes problèmes et que la DGER a émis diverses hypothèses plus ou moins fantaisistes et toutes inacceptables .
L'objectif principal  de la réunion était de présenter une hypothèse de schéma pour la seconde professionnelle de secteur et de réfléchir à l'intégration d'une certification de niveau V dans le cursus en 3 ans du nouveau Bac Pro .
.
 Il s'agit donc bien de l'annonce de la MORT PROGRAMMEE du BEPA et de la quasi disparition des classes correspondantes, contrairement à ce qu'avaient cru comprendre la plupart des participants à la précédente réunion.
Face à cette annonce, la quasi totalité des représentants des personnels ET des professionnels se sont offusqués d'un tel revirement et ont réaffirmé leur attachement à l'existence d'un cycle de certification de niveau V autonome . Citons :
- le SNETAP qui a introduit le débat en rappelant qu'actuellement le BEPA est une voie de remédiation scolaire et de réussite efficace puisque 82 % des titulaires du BEPA poursuivent leurs études ( parmi eux, 78 % dans l'Enseignement Agricole et 22 % à l' EN ) , avec succès ( 76 % de réussite à un diplome de niveau IV ) et avec même des perspectives non négligeables d'accès au niveau III ( 24 % des anciens BEPA titulaires d'un diplome de niveau IV intègrent un BTS, contre moins de 7 % des anciens BEP de l' EN )
- la FNSEA, très vigoureusement, et le CNJA , moins fortement,  qui ont également rappelé leur attachement à une certification sérieuse de niveau V distincte dans son contenu et ses objectifs du niveau IV , suivis par les Parents d'élèves et l' APCA .
 
 Entre temps, la DGER  avait présenté son projet de seconde professionnelle de secteur, après avoir dressé un tableau statistique de la situation actuelle  par secteur et niveau . Pour mémoire nous rappelons ces données :
- le secteur Production représente 31 % des élèves de BEPA et 34 % des élèves de Bac Pro
- le secteur Service représente 51 % des BEPA et 47 % des Bac Pro
- le secteur Aménagement représente 14 % des BEPA et 14 % des Bac Pro
- le secteur Transformation représente 3,6 % des BEPA et 2,35 % des Bac pro.
 La DGER  propose donc une classe de seconde pro intégrant :
  • 45 % d'enseignement général
  • 25 % d' enseignement professionnel "de secteur"
  • 30 % d'enseignement professionnel de "spécialité" ( à priori , on maintiendrait les spécialités actuelles des bacs pros existants, d'éventuelles nouvelles spécialités n'étant pas totalement exclues en fonction de l'évolution sociale et économique ).
  • 6 à 10 semaines de stages en entreprise ( selon les secteurs )
  • + des aides individualisées ou des groupes de soutien.
On maintiendrait l'existence d'une part d'enseignement d'initiative  locale et rien n'est dit sur l'existence ou non d'enseignements facultatifs .
De mëme, rien ne semble clair sur les ré-orientations entre "spécialités" à l'issue de cette seconde
 
Le débat est devenu plus vif quand la DGER a introduit ses hytpothèses pour INTEGRER une CERTIFICATION de niveau V  dans le cursus du bac pro 3 ans :
  • à la fin de la première , de la deuxième ou de la troisième année ?
  • pour tous les élèves ou seulement pour certains ( les plus "fragiles" ???)
  • selon des procédures nationales ou par des modalités locales ?
 
 L'idée même d'intégration s'est heurtée à une hostilité quasi générale ( sauf une appréciation plus nuancée et des propositions totalement alternatives de la CFDT souhaitant qu'on s'inspire du modèle de certification de la Formation Continue par unités capitalisables et qu'on accentue le découpage modulaire de l'ensemble du Bac Pro ) .
- d'abord, parce qu'elle ne tient pas compte des demandes des professionnels ( unanimes pour distinguer les exigences de niveau V et de niveau IV )
- ensuite, parce que l'absence de véritable "palier" de niveau V va rejeter hors du cursus de formation scolaire les élèves les plus en difficulté, souvent issus des classes sociales les plus défavorisées et donc accroître le processus d'exclusion sociale .
- également, parce que l'objectif strictement comptable de cette proposition est grossier  (forte économie sur les examens, "bourrage" des classes , particulièrement au niveau de la seconde pro )
- enfin , parce que pédagogiquement, rien ne justifie une "certification intermédiaire" ne correspondant à aucun objectif spécifique ni à aucune qualification professionnelle claire et qui risque surtout d'alourdir inutilement la charge de travail d'élèves déjà fragiles  voire d'en décourager certains ( quid des élèves "recalés" à cette certification en fin de 1ère ou 2 ème année ?  Et que signifierait en fin de 3 ème année un pseudo BEPA octroyé comme simple certificat de présence à des élèves ayant échoué au bac pro ? ) 
 
SNETAP, FO et la SYAC-CGT, avons souligné le caractère trompeur et improvisé de ces propositions qui rappellent l'expérience des CAPA intégrés aux BEPA ( moribonds! ) et qui font la part belle aux possibilités de "diplomes maisons" dévalorisés .
 
Par delà le brouillard pédagogique qui enveloppe cette proposition de maintien d'un diplôme de niveau V dans un cursus de niveau IV, c'est bel et bien la mort des BEPA qui nous est proposée, à la fois pour des motifs d'économie budgétaire et selon des choix poltiques renvoyant hors du système scolaire les élèves les plus faibles ( scolairement et socialement ).
 
LA LUTTE DOIT CONTINUER , avec le soutien des professionnels , des parents et surtout des ELEVES qui, lors des derniers mouvemlents de fin 2007, ne se sont pas trompés sur les finalités réelles et la philosophie de cette réforme : une attaque en règle contre leur identité sociale et contre leur droit à la réussite scolaire

Mise en ligne par C B
par intersyndicale fonlabour
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