Lettre d’information – SNETAP Midi-Pyrénées – 7/2/08
1. Une délégation (C. Lorrai, F. Barre, B. Fauquant, O. Gautié) a rencontré le Chef du SRFD le 6 février. L’intention première était de faire un rassemblement mais devant le peu de réponses
positives de la part des sections, nous y avons renoncé et avons décidé de solliciter une audience au DRAF. Celui-ci ne pouvant nous recevoir dans un délai convenable, nous avons accepté une
entrevue avec le Chef du SRFD.
Certains d’entre nous auraient préféré une action plus « musclée » compte tenu de l’absence d’informations (voire de contre-information) dont on nous
gratifie.
Nous avons fait une déclaration préliminaire.
« Monsieur le Chef de Service,
Nous souhaitions rencontrer le Directeur Régional tant il nous paraît que la situation est dramatique dans l’Enseignement agricole public. Depuis le 13 décembre, date
du dernier CREA fort mouvementé, durant lequel nous ont été données les propositions de modifications de structures pour la rentrée 2008, nous n’avons aucune information tangible ou concrète de
la part de notre administration.
Les informations dont nous disposons et qui remontent des établissements n’en sont pas puisque vous les qualifiez de « bruits ». Sur quoi, sur qui peuvent
s’appuyer les représentants de personnels, les agents, les usagers (élèves et parents) pour connaître et prévoir leur avenir ? Dans le Tarn, certains ont déjà acté la fermeture de la filière
S à Albi. Même si, selon vous, ce n’est qu’un bruit, il s’agit d’un préjudice grave pour l’établissement et pour l’Enseignement agricole public. Comment pensez-vous que vont réagir
parents et élèves qui, en pleine période d’orientation, apprennent par des voies officielles que cette filière est condamnée à Albi ? Que vont répondre les personnels lors des Portes
ouvertes ? Qu’écrire sur les plaquettes des établissements adressées aux CIO et aux collèges, aux lycées ? A qui sert le crime ? Quel est le rôle des Administrations dans la
circulation de ces « informations » ? Albi n’est qu’un exemple parmi d’autres : Mirande, Moissac, Figeac, Saint-Gaudens, Pamiers…
Concernant les « recherches de complémentarités et mise en commun des moyens avec l’Education nationale » dont la liste transmise au CREA était fort
longue, nous nous étonnons que pas une bribe d’information, pas l’ébauche d’un scénario ne nous aient été données. Nous considérons que le fait que les personnels aient été maintenus dans
l’ignorance a contribué à l’impression d’un chaos.
Les annonces et contre annonces de nos autorités ont renforcé cette perception de navigation à vue. Nous nous demandons même s’il y encore un pilote à bord. Si le
bateau devenu ivre ne sombrera pas.
Partout la communauté éducative s’est mobilisée pour contester cette politique guidée par la logique comptable et la volonté de se débarrasser du service public. Qui
l’a entendue ? Les représentants des parents d ‘élèves et des personnels n’ont cessé d’affirmer leur attachement à une politique ambitieuse pour l’avenir de notre système éducatif
et de notre pays. Et pourtant, le nombre de classes fermées devrait correspondre au nombre de postes supprimés (19 postes d’enseignants supprimés soit l’équivalent selon votre propre logique
d’une douzaine de classes). C’est intolérable.
Nous attendons de vous, aujourd’hui, Monsieur le Chef de service, que vous nous éclairiez, même si nous savons que vous et l’Etat ne mènerez pas la politique que nous
défendons, vous abritant derrière les moyens qui sont attribués à l’EAP en Midi-Pyrénées. Où est le dialogue déconcentré promis ? Où est la démocratie de proximité tant vantée ?
Les personnels, les usagers, les élus locaux ont le droit de savoir même si leur expression en retour, comme vous le devinez, ira à l’encontre des projets du
gouvernement. Il faut que les représentants de l’Etat aient le courage d’assumer les choix politiques qu’ils sont chargés de mettre en œuvre. »
Le Chef du SRFD nous a dit qu’ « il étudiait toujours un scénario sur la base du document qui avait été distribué lors du CREA de décembre
mais que les décisions n’étaient pas prises. » Il a reconnu que « les procédures étaient (trop) longues et a souscrit à ce que nous avons dit sur le
calendrier. »
Le scénario est perturbé par la lettre du Ministre du 8 janvier (pas de suppression de 4ème et 3ème). Mais pour le moment, le
DRAF n’a pas reçu de moyens complémentaires (notamment en HSA : à l’EN, plus de 200 postes supprimés, compensés en partie (138 ETP) par des HSA). On reste donc sur la base
de la fermeture de classes correspondant au nombre de postes d’enseignants supprimés (la DRAF table sur 19 mais tant que le mouvement n’a pas eu lieu…). M. Martin pense que l’on
peut très bien « ne rien faire et attendre juin pour fermer les classes qui n’atteindraient pas les seuils » (la plupart des classes proposées à la fermeture sont des
classes qui « recrutent »). Nous : « Mais ce sont souvent des classes dans le domaine des productions !? » Pas de réponse.
« Il faudrait développer les formations à Moissac (« mais ce n’est pas facile » : eh ! oh ! et l’ouverture du CAP
Fleuriste promise ? Bling bling…) et à Riscle (« mais tant qu’il n’y a pas le bac pro gestion de la faune sauvage (actuel BTA), je n’y crois pas. L’idée de transférer
le BEPA EAENR de Mirande à Riscle est peut-être une bonne idée »). » sic !
« La cinquième 2nde GT à Auzeville est très fortement défendue par le Conseil Régional. Par contre, la quatrième 2nde de
Rodez est rejetée (par l’EN ?). » Nous lui avons signalé que deux classes de 2nde GT avaient été ouvertes à l’EN à Rodez l’an dernier avec une
pseudo-spécialité « environnement ». Il a semblé découvrir ce dernier point.
Il nous a fait un point sur les discussions avec l’EN. « Des rencontres SRFD - Inspecteurs d’Académie ont eu lieu dans tous les
départements entre le 13/12 et le 21/1. Les compte-rendus de ces réunions seront co-signés et serviront de base aux discussions entre le DRAF et le Recteur (le nouveau recteur doit arriver la
semaine prochaine) avant la fin du mois de février ». Pour quoi faire ? Là, on entre (ou on n’en sort pas) dans le grand flou (« voir s’il n’y a pas
d’opportunités », « partager le diagnostic »,…) ! On veut du concret !
« A Mirande, le bac pro « secrétariat – compta » du lycée de l’EN a été transformé en bac pro vente en 3 ans et un CAP «Vente »
doit être mis en place. Ces diplômes entrent en concurrence avec le bac pro « vente » du LEGTA . Des réunions des directeurs ont eu lieu, les personnels seraient
associés aux discussions. » Le bac pro « vente » du LEGTA est-il condamné ? « Non, d’après le SRFD, ce qui est envisagé, c’est que les enseignements techniques se
déroulent au LEGTA… » Cette information est en totale contradiction avec ce qui remonte des établissements (et ce qui est dans le doc remis au CREA : fermeture du bac
pro vente au LEGTA)… Quant au déplacement des élèves…. ???
« A Vic, une réunion des directeurs (EN et EAP) auraient eu lieu, la volonté étant de stabiliser les élèves à Vic . Une filière S
serait implantée au LEGTA, des enseignants du LEGTA assurant les enseignements de l’ATC et peut-être de Biologie, les enseignants de l’EN assurant le reste (l’essentiel). »
En Tarn-et-Garonne, c’est très flou (« développer les coopérations, faciliter la connaissance du dispositif de l’EAP, des collégiens EN pourraient
faire la partie « découverte du milieu professionnel dans l’EAP » (180 h./an),… »). « Les discussions ont intégré la question des carrières sanitaires et sociales (création
des classes passerelles de préparation aux concours). »
Dans le Lot, le Chef du SRFD a souligné « la volonté de l'Inspecteur de garder ses élèves jusqu'en fin de 3ème, par la multiplication de systèmes d'insertion qui les feraient rester à
l'EN, » sans tenir compte de leur projet personnel. Les lycées agricoles seraient utilisés comme support à la découverte professionnelle (stages, journées banalisées...) comme en Tarn
et Garonne.
A Albi, il a affirmé que « l’IA et certains directeurs de l’EN avaient pris leurs désirs pour des réalités alors que la concurrence entre
établissements publics est forte. Il n’est donc pas question de fermer la S au LEGTA » (on a pas rêvé quand même !). Le SRFD a souligné qu’ « il n’y avait que
deux secondes GT pour trois classes de 1ère (2 STAV et 1 S) : soit on dope les 2nde, soit on supprime une classe de bac techno. Mais ce n’est pas à l’ordre du
jour… »
Bref, malgré les « fortes mobilisations », pour le moment c’est le statu quo. On ne parle que de la rentrée 2008 alors que les baisses sont
encore programmées pour les quatre rentrées suivantes et il n’y a donc pas de vision d’avenir pour l’EAP. Les subventions attribuées aux MFR seront stables (équivalentes à 1700
élèves)… Affaiblir le service public et consolider le Privé (bling bling). Regardez la pub que se paient les MFR !
En attendant, nous sommes toujours dans le bleu, nous commençons à voir rouge et nous sommes verts de rage qu’on se foute de notre gueule.
En tout état de cause, nous appelons les personnels à rester mobilisés (voire à se mobiliser) et à se préparer à l’action dès la rentrée des vacances d’hiver.
(voir point 3)
2. Nous avons rencontré le coordinateur régional FCPE pour des échanges d’informations et avons décidé de préparer un communiqué commun aux organisations
syndicales et la FCPE avant le prochain CREA qui devrait être réuni vers la mi-mars.
3. Nous avons participé à une réunion intersyndicale de l’Education (syndicats de la FSU, FO, CGT, SGEN-CFDT, SUD) le jeudi 7 février. A l’EN, la mobilisation reste
très forte, elle est même relancée car les DGH par établissement sont annoncées et sont très souvent en baisse dans les collèges et lycées (Le 7/2, Darcos était à l’Université Paul Sabatier et
les personnels du lycée Raymond Naves en grève s’y sont invités) . De son côté, la FCPE a donné consigne à ses adhérents de ne pas accepter la DGH dans les conseils d’administration qui se
tiennent en cette période. Il a été décidé, en attendant une prochaine journée nationale d’action, d’organiser un rassemblement devant le rectorat le mercredi 5 mars à partir de
15h. Nous avons décidé de proposer à l’intersyndicale de l’EAP de se joindre à cette action et de solliciter un entretien conjoint avec le recteur et le DRAF.